Il y a quelque temps, je vous ai parlé de l’impact environnemental des serveurs utilisés pour faire « marcher les Internets ».  Vous vous souviendrez que le problème qui se présente est que l’Internet a besoin de beaucoup, beaucoup, beaucoup d’ordinateurs pour fonctionner. Ces ordinateurs superpuissants, aussi connus sous le nom de « serveurs », sont entreposés dans d’immenses bâtiments. Pour vous donner une idée, la taille de ces immeubles dépasse grandement la taille du Centre Bell. Le problème vient du fait que ces machines fonctionnent mal lorsqu’elles ont chaud. D’énormes systèmes de climatisation sont donc requis pour les refroidir, et ceux-ci requièrent d’énormes quantités d’énergie.
 
Mais tout ça, c’est du déjà-vu si vous avez lu ma chronique précédente. Aujourd’hui, je vous présente deux techniques développées par les géants de l’informatique, soit le refroidissement à l’huile ainsi que les serveurs chauds.
 
Depuis plus d’un an, la compagnie Intel a mis en place un système de refroidissement à l’huile dans son centre de données situé à Rio Rancho, au Nouveau-Mexique. L’idée est simple : immerger les serveurs dans un bassin d’huile minérale qui circule en circuit fermé. La circulation de l’huile leur permet de dissiper la chaleur acquise lorsqu’elle approche les processeurs et autres éléments chauffants. Selon Intel, cette technique permet non seulement de réduire grandement sa consommation d’électricité, mais augmente la capacité des processeurs, étant donné que ceux-ci peuvent opérer à des températures plus élevées.
 
Les résultats parlent d'eux-mêmes. Après un an de test, Intel en est venu à la conclusion que le système requiert 2-3 % d’énergie de plus que ce que les serveurs eux-mêmes ont besoin, alors qu’un système de climatisation traditionnel requiert plus de 60 % d’énergie de plus.
 
L’autre solution que les compagnies Google et Dell ont testé est encore plus simple... les laisser chauffer! En général, la température d’un centre de données devrait varier entre 20 et 22 ºC. Google a récemment décidé d’expérimenter, dans son centre belge, sur la possibilité de ne pas refroidir ses serveurs. Au départ, ils ont essayé de laisser les serveurs rouler à une température de 26 °C. Voyant le succès de l’expérience, ils ont monté la température à 35 °C et ça fonctionnait toujours. Dell a poussé l’expérience jusqu’à une température de 46 °C! Le plus gros problème vient des employés, qui travaillent un peu moins bien que les machines à cette température!
 
Donc, gardez toujours en tête que l’Internet coûte cher d’électricité et qu’il contribue grandement aux changements climatiques par ses énormes émissions de gaz à effet de serre. Mais au moins, on peut se réconforter en sachant que les compagnies cherchent toujours des moyens pour réduire leur impact... ou plutôt, leurs dépenses.
 
Sources :  
http://www.greenbiz.com/news/2012/09/05/oil-bath-anyone-intel-servers-take-dip
http://www.treehugger.com/clean-technology/googles-most-efficient-data-center-operates-95-degrees.html

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