Aux États-Unis, les émissions démontrant des thérapies chocs sont populaires. Que l'on parle d'émissions à la Maury ou Jerry Springer ou encore uniquement axées sur les chocs émotionnels encaissés par les participants, ces émissions sont d'une stupidité aberrante puisqu'elles tentent de nous faire gober que d'importants chocs peuvent nous amener à changer.

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Parmi ces émissions de télé-réalité apparemment divertissantes se trouve Beyond Scared Straight. Celle-ci met en scène des parents dont le ou les enfants ont de graves troubles de comportement. Afin de les réhabiliter, on soumet les adolescents à des thérapies chocs, principalement en les envoyant dans une prison où des comédiens intimident et humilient le jeune. Bien entendu, ce dernier n'est pas au courant de la mise en scène et croit dur comme fer qu'il ira faire un tour entre des murs où se trouvent des criminels endurcis.

À prime abord, on peut voir la logique derrière ce type d'intervention. Afin de les dissuader de commettre d'autres gestes délinquants, on montre aux adolescents où leurs comportements pourraient les amener. Autrement dit, on les confronte aux pires conséquences possibles en ajoutant, en prime, une grande humiliation afin de les secouer et les forcer à changer d'attitude.

Or, retenez vos applaudissements face à ce genre d'intervention puisque c'est un concept aussi stupide qu'inefficace. On peut s'imaginer qu'en étant confrontés au pire, les jeunes délinquants changeront et c'est ce qu'une émission comme Beyond Scared Straight tente de nous faire avaler. D'ailleurs, dans l'épisode que vous pouvez voir plus bas, on vous informe clairement que le jeune Ethan, 13 ans, a complètement changé un mois après avoir été confronté à la thérapie choc de la prison.

Cependant, s'il peut effectivement y avoir des effets positifs à court terme, c'est tout le contraire qui se produit passé les premiers mois. Les recherches menées en la matière démontrent que les thérapies chocs de toutes sortes sont complètement inefficaces, voire même plus nuisibles. En fait, lorsque vous frappez l'imaginaire d'une personne en la confrontant au pire, vous créez indubitablement un trauma aux conséquences désastreuses et imprévisibles.

C'est encore plus vrai dans le cas de jeunes délinquants. N'oublions pas que ces derniers forgent encore leur identité et que leur état émotionnel est souvent plus fragile. Les confronter à des thérapies chocs et, donc, à des traumas contribue à déséquilibrer leurs émotions et peut facilement mener à renforcer leurs comportements délictueux. Comment ? Tout simplement en accentuant leur dégoût pour la société. De plus, plutôt que de leur démontrer en quoi ils pourraient s'accomplir à travers des activités légales et productives, on leur envoie le message qu'ils ne sont que des criminels en puissance et qu'ils croupiront dans un endroit au sein duquel ils se feront intimider de toutes parts. Comment alors avoir la motivation de changer et de voir la vie autrement, surtout à long terme ?

Bref, l'inefficacité des thérapies chocs fut clairement démontrée par les recherches menées en psychologie ainsi qu'en criminologie. Plutôt que de dissuader, ces études affirment que ces thérapies créent d'importants traumas pouvant même produire de futurs criminels. On a davantage intérêt à individualiser chaque intervention auprès de jeunes délinquants ainsi qu'à personnaliser leur réhabilitation en leur offrant, notamment, des occasions de s'accomplir dans des activités positives plutôt qu'à les confronter à la dure réalité des milieux carcéraux. Mais bon, on s'entend que même si c'est plus efficace, c'est beaucoup moins intéressant à regarder pour le grand public qu'un jeune craquant en étant humilié.

 

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AETV

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